Votre site a du trafic. Les gens arrivent, scrollent un peu, et repartent. Aucun formulaire rempli, aucun appel, aucun email. Vous avez investi dans le design, payé un référenceur, peut-être même lancé des campagnes Google Ads. Mais le téléphone reste silencieux. Le problème ne vient pas du trafic. Le problème, c'est ce qui se passe (ou ne se passe pas) une fois que le visiteur est sur votre site.
On audite des dizaines de sites chaque année chez Vizion Web. Les mêmes erreurs reviennent à chaque fois, quel que soit le secteur. Ce qui est rassurant, c'est qu'elles se corrigent toutes. Ce qui l'est moins, c'est que chaque jour sans correction, ce sont des clients potentiels qui partent chez le concurrent.
Voici les cinq erreurs les plus fréquentes, avec des exemples concrets et ce que ça donne quand on les corrige.
Erreur n°1 : votre page d'accueil ne dit pas ce que vous faites
Ça paraît basique. Et pourtant. Ouvrez la page d'accueil de votre site. Lisez le titre principal (le plus gros texte visible). Est-ce qu'un inconnu comprend en 5 secondes ce que vous faites et pour qui ?
L'exemple qui fait mal
Un cabinet de conseil en transformation digitale avait comme titre principal : "L'excellence au service de votre ambition". Joli, non ? Sauf qu'un visiteur qui atterrit sur cette page ne sait pas si c'est un cabinet de recrutement, une agence de communication ou un coach sportif. Le titre ne dit rien.
Leur taux de rebond sur la page d'accueil était de 72%. Plus de sept visiteurs sur dix partaient sans cliquer.
L'après
On a remplacé le titre par : "On accompagne les PME industrielles dans leur passage au numérique. De l'audit à la mise en place, en 90 jours." Clair, spécifique, avec un délai concret.
Le taux de rebond est passé à 48% en trois semaines. Le nombre de demandes de contact a augmenté de 40%.
Ce qu'il faut retenir
Votre titre principal doit répondre à trois questions : quoi (votre service), pour qui (votre cible), et quel résultat (le bénéfice). Si votre titre actuel pourrait s'appliquer à 200 entreprises différentes, il ne fonctionne pas.
Erreur n°2 : vos appels à l'action sont invisibles (ou incompréhensibles)
Le visiteur a lu votre page. Il est intéressé. Et maintenant ? Si le bouton d'action est planqué tout en bas, noyé dans le footer, ou libellé "En savoir plus", vous venez de perdre un prospect.
L'exemple qui fait mal
Un site d'un éditeur de logiciel RH avait un seul bouton d'appel à l'action, visible uniquement après avoir scrollé 4 écrans. Le texte du bouton ? "Soumettre". Soumettre quoi ? À qui ? Les visiteurs ne cliquaient pas. Taux de clic sur le CTA principal : 0.8%.
L'après
On a placé un bouton "Tester gratuitement pendant 14 jours" en haut de la page d'accueil, visible sans scroller. Le même bouton a été répété après chaque section. On a aussi ajouté un bandeau flottant en bas de page avec le même message.
Taux de clic : 4.2%. Cinq fois plus. Juste en rendant le bouton visible et compréhensible.
Ce qu'il faut retenir
Chaque page doit avoir un (et un seul) objectif principal. Le bouton qui correspond à cet objectif doit être visible dans les 3 premières secondes, sans scroller. Le texte doit être une action concrète : "Demander mon devis gratuit", "Réserver un créneau", "Télécharger le guide". Pas "Cliquer ici", pas "En savoir plus", pas "Soumettre".
Erreur n°3 : le site ne donne aucune raison de vous faire confiance
Vous affirmez que votre service est excellent. Le problème, c'est que vos concurrents disent la même chose. Pourquoi est-ce que le visiteur devrait vous croire ?
L'exemple qui fait mal
Un prestataire en services informatiques avait un site propre, bien structuré, avec des pages de services détaillées. Mais zéro témoignage, zéro logo client, zéro chiffre. La page "à propos" contenait trois paragraphes sur la "passion" et "l'engagement" de l'équipe. Aucune preuve tangible de résultat.
Malgré un bon positionnement Google (page 1 sur plusieurs requêtes locales), le taux de conversion était de 0.3%. Les gens venaient, lisaient, et allaient voir ailleurs.
L'après
On a ajouté : 6 témoignages clients avec nom et entreprise, une section "Ils nous font confiance" avec 12 logos, un chiffre en gros ("247 entreprises accompagnées depuis 2018"), et deux études de cas avec des résultats mesurables.
Le taux de conversion est passé à 1.8% en deux mois. Six fois plus. Sans changer le design, sans toucher au SEO, sans dépenser un euro de plus en publicité.
Ce qu'il faut retenir
La confiance se construit avec des preuves, pas des promesses. Les témoignages clients sont l'arme la plus efficace. Les chiffres concrets viennent en deuxième position. Si vous n'avez pas encore de témoignages, envoyez un email à vos cinq meilleurs clients cette semaine. Demandez-leur trois phrases sur votre collaboration. La plupart diront oui.
Erreur n°4 : le formulaire de contact est un interrogatoire
Vous avez réussi à amener le visiteur jusqu'au formulaire. C'est déjà bien. Mais quand il voit 12 champs obligatoires (nom, prénom, email, téléphone, entreprise, poste, code postal, numéro SIRET, budget estimé, délai, message, "comment avez-vous entendu parler de nous"), il ferme l'onglet.
L'exemple qui fait mal
Un promoteur immobilier avait un formulaire de 14 champs pour demander une brochure. Quatorze. Il fallait renseigner son adresse postale, son budget, le nombre de pièces souhaitées, et cocher des cases sur ses préférences de contact. Le taux de complétion du formulaire (les gens qui commencent à le remplir et qui l'envoient) était de 12%.
L'après
On a réduit le formulaire à 4 champs : prénom, email, téléphone, et un champ libre "Quel bien vous intéresse ?". Le reste des informations, le commercial les obtient par téléphone au premier contact.
Le taux de complétion est passé à 54%. Plus de quatre fois plus de prospects. Et la qualité des leads n'a pas baissé, parce que le commercial qualifiait par téléphone dans les 24 heures.
Ce qu'il faut retenir
Un formulaire de premier contact doit être court. 3 à 5 champs maximum. Chaque champ supplémentaire réduit le taux de complétion de 10 à 15%. Votre formulaire n'est pas un contrat, c'est une invitation à démarrer une conversation. Vous aurez tout le temps de poser des questions après.
Erreur n°5 : le site est lent et l'expérience mobile est pénible
Vous l'avez déjà lu partout : 53% du trafic web vient du mobile. Mais entre le savoir et l'appliquer, il y a un gouffre. Beaucoup de sites sont "techniquement responsive" (ils s'adaptent à l'écran) mais l'expérience reste mauvaise : textes minuscules, boutons trop proches les uns des autres, images qui mettent 6 secondes à charger.
L'exemple qui fait mal
Un restaurant gastronomique avait un site avec de belles photos plein écran. Sur desktop, c'était superbe. Sur mobile, les images (non compressées, 4 Mo chacune) mettaient 8 secondes à charger sur une connexion 4G. Le menu était illisible sans zoomer. Le bouton de réservation était coincé derrière un carrousel qui ne fonctionnait pas.
78% de leur trafic venait du mobile (les gens qui cherchent un restaurant sur leur téléphone). Et 78% de ces visiteurs mobiles partaient avant que la page ne finisse de charger.
L'après
Compression des images (passage de 4 Mo à 200 Ko par image sans perte de qualité visible), suppression du carrousel, bouton de réservation fixe en bas de l'écran sur mobile, menu accessible en un tap. Le temps de chargement est passé de 8 à 1.5 secondes.
Les réservations en ligne ont augmenté de 120% le mois suivant. Sans aucune autre modification.
Ce qu'il faut retenir
Testez votre site sur votre téléphone. Pas en simulation sur un ordinateur, sur votre vrai téléphone, avec la 4G. Naviguez comme le ferait un prospect pressé. Si quelque chose vous agace, ça agace vos visiteurs dix fois plus. Testez aussi sur PageSpeed Insights : un score mobile en dessous de 60, c'est un problème urgent.
Comment auditer votre propre site en 30 minutes
Vous n'avez pas besoin d'un expert pour identifier les problèmes les plus évidents. Voici une méthode simple que vous pouvez appliquer maintenant.
Les 10 premières minutes : l'oeil neuf
Ouvrez votre site sur votre téléphone. Imaginez que vous ne connaissez pas votre entreprise. Chronométrez : en combien de secondes comprenez-vous ce que l'entreprise fait ? Si c'est plus de 5 secondes, le titre est à revoir.
Cherchez le bouton d'action principal. Le voyez-vous sans scroller ? Est-ce que le texte du bouton vous donnerait envie de cliquer si c'était le site de quelqu'un d'autre ?
Les 10 minutes suivantes : la confiance
Parcourez les pages principales. Comptez les preuves sociales : témoignages, logos, chiffres, études de cas. Si le total est inférieur à 3, c'est insuffisant.
Lisez vos textes. Combien de fois voyez-vous "nous", "notre", "nos" par rapport à "vous", "votre", "vos" ? Si le "nous" domine, vos textes parlent de vous au lieu de parler du client.
Les 10 dernières minutes : la technique
Allez sur PageSpeed Insights et testez votre URL. Notez le score mobile. Testez le formulaire de contact : remplissez-le vous-même. Comptez les champs. Vérifiez que le message de confirmation s'affiche. Vérifiez que vous recevez le email.
Ouvrez Google Analytics (ou un outil équivalent). Regardez trois chiffres : le taux de rebond de la page d'accueil, le taux de conversion global du site, et la part de trafic mobile. Si le taux de rebond dépasse 65%, si la conversion est sous 1%, ou si plus de 50% du trafic est mobile et que le score PageSpeed est sous 60, vous savez où agir.
Le plan d'action
Prenez les trois problèmes les plus graves identifiés par cet audit. Corrigez-les dans l'ordre. Un titre clair, un CTA visible, un formulaire court. Ces trois corrections prennent une journée et peuvent doubler votre taux de conversion.
Pas besoin de refaire le site pour obtenir des résultats. Parfois, changer un titre et déplacer un bouton suffit à transformer un site qui décore en un site qui rapporte.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon taux de conversion est bon ?
Ça dépend du secteur et du type de site. Un site vitrine B2B avec un formulaire de contact a un taux de conversion moyen entre 1% et 3%. Un e-commerce se situe entre 1.5% et 3.5%. Une landing page bien optimisée peut atteindre 5 à 15%. Si votre taux est en dessous de 1%, il y a des gains rapides à aller chercher. Au-dessus de 3% sur un site vitrine, vous êtes dans la bonne zone.
Faut-il refaire le site ou juste corriger les erreurs ?
Si le site est techniquement sain (chargement rapide, responsive, CMS à jour) mais que le contenu et les parcours de conversion posent problème, corrigez sans tout refaire. Vous pouvez obtenir des résultats significatifs avec un budget de 1 500 à 3 000 euros pour des optimisations ciblées. Si le site est lent, techniquement obsolète et mal structuré, une refonte sera plus efficace sur le long terme.
Est-ce que Google Analytics suffit pour suivre les conversions ?
Google Analytics (GA4) est un bon point de départ. Il permet de suivre les soumissions de formulaires, les clics sur les boutons d'appel, et les pages visitées avant la conversion. Pour aller plus loin, des outils comme Hotjar ou Microsoft Clarity (gratuit) enregistrent le comportement des visiteurs en vidéo : où ils cliquent, où ils s'arrêtent, où ils abandonnent. C'est souvent dans ces enregistrements qu'on découvre les vrais blocages.
