Votre site a été mis en ligne il y a trois, quatre, cinq ans. À l'époque, il vous paraissait moderne. Aujourd'hui, quand vous le montrez à un prospect, vous ressentez un petit malaise. Les couleurs datent, la navigation est confuse, et sur mobile, c'est pénible. Mais est-ce que ce ressenti suffit pour justifier une refonte complète ? Pas toujours.
Refaire un site, c'est un projet qui prend du temps, de l'argent et de l'énergie. Autant s'assurer que c'est le bon moment et le faire pour les bonnes raisons. Cet article vous aide à identifier les vrais signaux d'alerte, à faire la différence entre refonte et optimisation, et à éviter les erreurs que font 80% des entreprises qui se lancent dans ce chantier.
Les signaux qu'il est temps de refaire votre site
Certains signes ne trompent pas. Si vous cochez trois éléments ou plus dans cette liste, il est probablement temps d'agir.
Checklist : votre site a-t-il besoin d'une refonte ?
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Le design a plus de 4 ans. Les tendances web évoluent vite. Un site conçu en 2021 paraît souvent daté en 2026. Ce n'est pas qu'une question d'esthétique : un design vieillissant envoie un signal négatif à vos visiteurs. Si votre vitrine physique était défraîchie, vous la repeindriez. Votre site, c'est pareil.
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L'affichage mobile est bancal. Ouvrez votre site sur votre téléphone. Les textes débordent ? Les boutons sont trop petits ? Il faut zoomer pour lire ? En 2026, 60% du trafic web passe par le mobile. Un site mal affiché sur smartphone, c'est plus de la moitié de vos visiteurs qui partent.
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Le site charge en plus de 4 secondes. Allez sur PageSpeed Insights (gratuit, par Google) et testez votre URL. Si le score mobile est en dessous de 50, vous avez un problème. Chaque seconde de chargement supplémentaire fait chuter le taux de conversion de 7%.
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Vous ne pouvez pas modifier le contenu vous-même. Chaque petite modification (changer un numéro de téléphone, ajouter une photo) nécessite de passer par un prestataire et d'attendre 48h. Cette dépendance freine votre activité et vous coûte de l'argent.
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Le site ne génère aucun prospect. Zéro formulaire rempli, zéro appel entrant, zéro demande de devis via le site. Si Google Analytics confirme que vous avez du trafic mais aucune conversion, le site a un problème de fond, pas juste de forme.
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Votre activité a changé. Vous avez ajouté des services, changé de positionnement, fusionné avec une autre entreprise, ou ciblé un nouveau marché. Le site raconte encore l'ancienne histoire.
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Le SEO stagne ou recule. Vos positions Google baissent depuis 6 mois. Votre trafic organique diminue. Google pénalise les sites lents, mal structurés et qui n'offrent pas une bonne expérience utilisateur.
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La technologie est obsolète. Votre site tourne sur un CMS qui n'est plus maintenu, ou sur une version de WordPress si ancienne que les mises à jour ne passent plus. Les plugins sont incompatibles entre eux. C'est un château de cartes.
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Vos concurrents vous ont dépassé. Allez voir les sites de vos trois principaux concurrents. Si leurs sites sont plus rapides, plus clairs et mieux positionnés que le vôtre, vous perdez des clients chaque jour.
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Vous avez honte de partager le lien. Ce critère est subjectif, mais il compte. Si vous hésitez à envoyer l'URL de votre site dans un email à un prospect, c'est un signal fort.
Si vous avez coché 3 signaux ou plus, une refonte mérite d'être envisagée sérieusement. Si vous en cochez 6 ou plus, c'est urgent.
Refonte complète ou optimisation ?
Tout ne justifie pas de repartir de zéro. Parfois, quelques ajustements ciblés suffisent.
Quand une optimisation suffit
Si le site est techniquement sain (chargement correct, responsive, CMS à jour) mais que le contenu est faible ou les appels à l'action inexistants, on peut optimiser sans tout casser. Réécrire les textes, ajouter des témoignages clients, retravailler les formulaires, améliorer le maillage interne. Budget : 1 500 à 4 000 euros. Délai : 2 à 4 semaines.
Un client est venu nous voir avec un site WordPress de 2023 qui ne convertissait pas. Le design était correct, la technique tenait la route. Le problème ? Les textes étaient creux, il n'y avait aucun appel à l'action, et la page d'accueil parlait de l'entreprise au lieu de parler du client. On a refait le contenu et restructuré les pages sans toucher au design. Résultat : le nombre de demandes de devis a triplé en deux mois.
Quand la refonte est la seule option
Si le site est techniquement dépassé (lenteur structurelle, code spaghetti, plugins obsolètes, pas de responsive), l'optimisation revient à mettre du vernis sur du bois pourri. On dépense de l'argent pour un résultat médiocre. Autant repartir sur des bases solides.
La règle est simple : si le coût des optimisations dépasse 50% du coût d'une refonte, faites la refonte.
Ce qu'une bonne refonte implique
Refaire un site, ce n'est pas juste changer les couleurs et les photos. Une refonte bien menée suit un processus structuré.
1. L'audit de l'existant
Avant de construire quoi que ce soit, on analyse ce qui existe. Quelles pages reçoivent du trafic ? Quels mots-clés vous positionnent ? D'où viennent vos visiteurs ? Quelles pages ont un taux de rebond élevé ? Cet audit prend quelques jours et il évite de jeter le bébé avec l'eau du bain.
Un dirigeant nous a demandé une refonte complète en voulant supprimer le blog "parce que personne ne le lit". L'audit a révélé que 40% de son trafic organique venait de trois articles de blog. Supprimer ces pages aurait été catastrophique pour son référencement.
2. La stratégie et l'arborescence
Qui sont vos cibles ? Quel parcours doivent-elles suivre sur le site ? Quelles actions voulez-vous qu'elles réalisent ? Ces questions définissent la structure du site avant même qu'on parle de design. L'arborescence (le plan des pages) est le squelette du projet.
3. Le design et le prototypage
Les maquettes sont réalisées sur Figma ou un outil similaire. Vous voyez le résultat avant qu'une seule ligne de code ne soit écrite. C'est le moment de valider (ou de corriger) les choix graphiques, la hiérarchie de l'information et les parcours utilisateur.
4. Le développement
Le site est construit page par page, fonctionnalité par fonctionnalité. Si la technologie change (par exemple, passage de WordPress à Next.js), c'est une étape qui prend plus de temps. Le développement représente en général 40 à 50% du budget total.
5. La migration SEO
C'est l'étape que beaucoup oublient, et c'est la plus dangereuse. Si les URLs changent (et elles changent souvent lors d'une refonte), il faut mettre en place des redirections 301 pour chaque ancienne page vers la nouvelle. Sans ça, vous perdez tout votre référencement du jour au lendemain. On a vu des entreprises perdre 70% de leur trafic organique après une refonte mal gérée.
6. Les tests et la mise en ligne
Le site est testé sur différents navigateurs (Chrome, Firefox, Safari), différents appareils (mobile, tablette, desktop) et différentes résolutions. Les formulaires sont vérifiés. Les liens sont testés. La vitesse est mesurée. Et seulement après, on bascule.
Les erreurs classiques d'une refonte
Ne pas définir d'objectifs clairs
"On veut un site plus moderne." Ce n'est pas un objectif, c'est un souhait. Un objectif mesurable ressemble à : "Passer de 5 à 20 demandes de devis par mois" ou "Atteindre un score PageSpeed de 90+ sur mobile". Sans objectifs chiffrés, vous n'avez aucun moyen de savoir si la refonte a réussi.
Ignorer le SEO existant
Certaines agences refont un site en partant de zéro sans regarder ce qui fonctionne déjà. Résultat : les pages bien référencées disparaissent, les backlinks pointent vers des erreurs 404, et le trafic s'effondre. Une bonne refonte protège (et améliore) le SEO existant.
Vouloir tout faire d'un coup
Un blog, un espace client, un module de réservation, un chat en direct, une version anglaise, un e-commerce. Tout ça en même temps, avec un budget serré et un délai de 6 semaines. La recette du désastre. Mieux vaut lancer un site solide avec les fonctions essentielles, puis itérer.
Choisir l'agence uniquement sur le prix
Le devis le moins cher est rarement la meilleure affaire. Un site à 1 500 euros qui ne convertit pas et qu'il faut refaire 18 mois plus tard coûte finalement plus cher qu'un site à 6 000 euros qui fonctionne du premier coup.
Ne pas prévoir la maintenance
Le site est livré, tout le monde est content, et ensuite ? Un site web a besoin de mises à jour, de corrections, d'évolutions. Si aucun contrat de maintenance n'est prévu, vous êtes livré à vous-même dès le lendemain de la mise en ligne.
Combien coûte une refonte ?
Le prix dépend de trois facteurs : la taille du site, la complexité des fonctionnalités, et le niveau de prestation (template vs sur-mesure).
Site vitrine (5-10 pages)
- Refonte avec template personnalisé : 2 000 à 5 000 euros
- Refonte sur-mesure avec design et copywriting : 4 000 à 10 000 euros
Site avec fonctionnalités (réservation, e-commerce, espace client)
- Refonte avec CMS et plugins : 4 000 à 10 000 euros
- Refonte sur-mesure : 8 000 à 20 000 euros
Ce qui est inclus (normalement)
Un devis sérieux couvre : l'audit de l'existant, la stratégie et l'arborescence, le design (maquettes Figma), le développement, la migration SEO, les tests, la mise en ligne et un accompagnement post-lancement (1 à 3 mois selon les agences).
Si le devis ne mentionne ni audit, ni migration SEO, ni tests, posez des questions. Ces étapes ne sont pas optionnelles.
Le calendrier type
Comptez entre 6 et 12 semaines pour un site vitrine, 3 à 6 mois pour un site avec des fonctionnalités complexes. Méfiez-vous des agences qui promettent une refonte complète en 2 semaines : soit le travail sera bâclé, soit il y a des étapes manquantes.
Questions fréquentes
Est-ce qu'une refonte va me faire perdre mon référencement ?
Pas si elle est bien gérée. La clé, c'est la migration SEO : redirections 301 pour toutes les URLs qui changent, conservation de la structure de contenu qui fonctionne, et optimisation technique du nouveau site. Un bon prestataire améliore votre SEO lors de la refonte, il ne le dégrade pas. Prévoyez quand même une période de 2 à 4 semaines pendant laquelle vos positions peuvent fluctuer légèrement.
À quelle fréquence faut-il refaire son site ?
Il n'y a pas de règle absolue. Un site bien construit en 2026 peut durer 4 à 6 ans si la technologie est pérenne et si le contenu est régulièrement mis à jour. Le vrai déclencheur, ce n'est pas le calendrier, ce sont les signaux : performance en baisse, taux de conversion qui chute, technologie qui n'est plus maintenue. Surveillez vos métriques plutôt que de compter les années.
Peut-on refaire son site par étapes ?
Oui, et c'est souvent recommandé. On peut commencer par les pages principales (accueil, services, contact), mesurer les résultats, puis attaquer le blog, l'espace client ou d'autres sections dans un second temps. Cette approche progressive permet de répartir le budget et de valider les choix avant d'aller plus loin. Chez Vizion Web, on accompagne régulièrement des clients sur des refontes en deux ou trois phases.
